Les excellentes performances hôtelières parisiennes en 2023

Selon l’article « Été 2023 : quels impacts des changements d’habitudes des vacanciers pour l’hôtellerie ? » publié par Hospitality On, les performances hôtelières parisiennes en 2023 sont excellentes, et comparables voire supérieures à celles de 2019, considérée comme une année de référence en termes de fréquentation hôtelière. 

En effet, au cours du premier semestre 2023, le taux d’occupation des hôtels parisiens a atteint 82,3 %, contre 79,2 % en 2022 et 76,1 % en 2019.  

Le prix moyen par chambre (PMC) a également augmenté, passant de 223 € en 2022 à 233 € en 2023, alors qu’il était de 215 € en 2019 (+18 €).  

Le chiffre d’affaires par chambre disponible (REVPAR) a quant à lui atteint 187 € en 2023, contre 175 € en 2022 et 169 € en 2019 (+18 €). 

Cette forte reprise est due à plusieurs facteurs, notamment : 

  • Le retour des touristes internationaux, qui représentent désormais 60 % de la clientèle hôtelière parisienne, contre 50 % en 2022. 
  • La reprise de la clientèle d’affaires, qui représente désormais 40 % de la clientèle hôtelière parisienne, contre 30 % en 2022. 
  • La hausse des prix des billets d’avion, qui incite les voyageurs à séjourner plus longtemps à Paris. 

Les changements d’habitudes des vacanciers ont également eu un impact positif sur l’hôtellerie parisienne.  

En effet, les voyageurs sont désormais plus enclins à réserver leur séjour en dernière minute, à rechercher des expériences uniques et à séjourner dans des établissements plus petits. Ces tendances ont conduit à une augmentation de la demande pour les hôtels de charme et les établissements indépendants. 

La publication des chiffres incluant l’été 2023 devrait confirmer le dynamisme de l’hôtellerie parisienne, encore davantage favorisé dès les prochaines semaines par la Coupe du Monde de Rugby et porté par les Jeux Olympiques à l’horizon de l’été 2024. 

Partie I : Le temps de la réforme pour le dispositif des articles L311-1 et suivants du Code de tourisme ?

Au cœur des premières euphories d’une sortie de crise, l’activité hôtelière semble encore sous pression. Si la fréquentation des hôtels ne suit malheureusement pas celle des terrasses, les débats autour des valeurs locatives et plus généralement tout allègement des charges fixes demeurent très actuels.

L’articulation de nouvelles méthodes d’estimation de la valeur locative a déjà fait l’objet de plusieurs publications. Il demeure à notre sens une problématique récurrente, d’ores et déjà l’objet de contestation avant crise : les articles L311-1 et suivants du Code de tourisme.

L’anachronisme du dispositif du Code de Tourisme, renforcé par son caractère limitatif, semble manifeste au regard des récentes créations et/ou rénovations d’établissements et du positionnement de la France comme 1ère destination du tourisme mondial (89M de touristes en 2018 selon les Echos).

L’application de ce dispositif, limité initialement aux 8 points de l’article L311-1 dudit code et excluant tous travaux ne relevant pas de travaux d’amélioration au sens de l’apport d’un élément nouveau, apparaît en net décalage avec les usages observés dans la branche d’activité considérée et l’impératif d’amélioration constante des conditions d’accueil des clients.

Une révision du dispositif d’ordre public nous semble donc nécessaire, en conservant l’idée générale de l’accession différée mais en modernisant a minima la liste énumérée à l’article L311-1 du Code de tourisme.

En retranscrivant les usages et en adaptant cette nouvelle liste aux thématiques « modernes » et aux enjeux économiques (exploitation hôtelière vs revenus immobiliers), nous irons vers une simplification et une harmonisation de la déductibilité des travaux au bénéfice des preneurs, des bailleurs et de leurs conseils.

Nous vous présenterons plusieurs pistes de réflexion dans un prochain article.

Hôtellerie : incidences potentielles du COVID-19 sur la valeur locative

L’hôtellerie est une industrie qui n’a pas attendu le COVID-19 pour mettre en place des mesures d’hygiène (HACCP). Néanmoins, le risque de vouloir faire dériver l’hygiène hôtelière vers l’hygiène hospitalière est réel en période de crise et de climat anxiogène.

Dans ce contexte, les groupes hôteliers cherchent à rassurer et convaincre leur clientèle de fréquenter à nouveau leurs établissements. Le principe du label vise ainsi à servir de référentiel commun, garanti par des contrôles périodiques indépendants.  

  • Le label ACCOR-VERITAS sert à certifier un niveau de sécurité et de mesures d’hygiène adaptés à la reprise d’activité.  

  • Le groupe HYATT prévoit également d’introduire une accréditation GBAC STAR par le biais de programmes de nettoyage, de désinfection et de prévention des maladies infectieuses. 

Ces labels et accréditations, présentés comme provisoires, s’installeront durablement dans le paysage de l’hôtellerie et engendreront des coûts supplémentaires.  

La nécessité de nouveaux équipements spécifiques. 

Vers de nouveaux équipements considérés comme indispensables ? Si d’ordinaire, un hôtel était choisi par le client en fonction des équipements proposés (climatisation, literie, mini bar…), de nouveaux équipements pourraient devenir essentiels lors de la réservation. 

A titre illustratif, les mécanismes d’ouverture de porte, sollicitant usuellement le contact manuel, pourront désormais être privilégiés via smartphone, ou encore la reconnaissance faciale ou la poignée auto-nettoyante.  

Ces améliorations constituent des investissements significatifs alourdissant le budget des CAPEX de l’exploitant.  

Le respect des gestes barrières et la limitation des contacts (personnels / clients) sont également des points qu’il faudra traiter en profondeur, notamment par des actions de formation. Le développement des nouvelles technologies (sans contact) sera alors un corollaire évident aux mesures barrières. Un accueil client non plus physique mais par écran partagé pourrait être soulevé, quoique les expériences anté-Covid19 n’ont pas été concluantes

Le comportement des clients post COVID-19. 

L’obligation d’adaptabilité des établissements hôteliers tant au niveau des mesures d’hygiène que des nouveaux équipements spécifiques apparaît essentielle. Mais le financement de ces investissements demeure conditionné au retour des clients.  

Aujourd’hui, la clientèle hôtelière est également captée par les locations AIRBNB. La possibilité de bénéficier d’un logement entier à des tarifs parfois inférieurs aux hôtels séduit. 

Pour l’avenir, le particulier semble moins armé que l’établissement hôtelier pour apporter aux voyageurs la sécurité sanitaire qu’offriront prochainement les hôtels. 

Il conviendra alors d’étudier le comportement du client qui pourra : 

  • 1) Soit préférer une chambre d’hôtel qui répond à des mesures strictes d’hygiène (label) mais dans un lieu densément occupé (clients/personnels), 

  • 2) Soit préférer les locations AIRBNB sans label, mais bénéficiant d’un logement indépendant en tout point de vue.  

Et la valeur locative dans tout ça ? 

Pour rappel, la méthode hôtelière se fonde sur la prise en compte d’une quote-part du chiffre d’affaires théorique que l’établissement peut réaliser compte tenu de sa catégorie, de sa consistance, de son état, de son emplacement et de la concurrence existante. 

En matière d’hôtellerie, la tarification des chambres (composante majoritaire du CA) varie principalement en fonction de la catégorie de l’établissement.  

Pour certains établissements, la tarification peut varier en raison de la localisation, de la capacité, de la surface, de la configuration, de l’orientation, de la présence d’un balcon ou d’une vue particulière.   

Les incidences en termes d’activité apparaissent aujourd’hui essentiellement liées au positionnement de l’établissement et au mix clientèle. Les établissements les plus résilients devraient se situer en milieu de gamme sur le segment affaires. Les établissements les plus touchés devraient être le haut-de-gamme et le luxe, où le cœur de clientèle est international et extra-communautaire.  

Dans ce contexte, l’industrie hôtelière est, elle aussi, sur un chemin de crête où les investissements à réaliser aujourd’hui sont le gage du retour des clients demain. Usuellement, un TO minimal de 50 à 55% est recommandé pour qu’un l’hôtel soit économiquement bénéficiaire. Si la réglementation et les contraintes d’hygiène jouent aujourd’hui un rôle prépondérant, le client aura bien le dernier mot.   

Label : Moyen d’information du public sur les propriétés et les qualités objective d’un ouvrage, d’un environnement, d’une information, d’un bâtiment, d’une procédure, etc.

Sources : Journal des palaces / Hyatt.com / Tendances hôtelières / Accor 

Etude des flux en période de confinement

L’entreprise GOOGLE, souvent décriée pour sa collecte et son usage des données de géolocalisation de nos smartphones, a publié un rapport de mobilité des populations, lié au Covid-19 dans 131 pays du monde. Ces données sont habituellement utilisées dans Google Maps afin d’afficher la fréquentation d’un commerce heure par heure et apprécier les périodes creuses et celles particulièrement fréquentées.

Quelles sont les données publiées ?

Il est possible de visualiser, par régions et par typologie de lieux (Commerces de détails et loisirs, Alimentations et pharmacies, Parcs et jardins, Gares et lieux de transit, Bureaux et Logements), l’évolution générale de la fréquentation au 29 mars 2020 par rapport à la situation mi-février, soit un mois avant la mise en place du confinement.

Que révèlent ces données ?

L’effet du confinement est indéniable, nous relevons un effondrement généralisé de la fréquentation des lieux recevant du public sans être indispensables à la vie du pays (cafés, restaurants, cinéma, discothèques, coiffeurs…) en France. Ainsi la fréquentation des commerces de détails et loisirs (dont cafés et restaurants) a chuté de 88% en France, les gares et lieux de transit de 87%, ou encore une baisse de 56% de présence sur son lieu de travail. Ces données varient d’une région à l’autre, mais sont sensiblement identiques.

Dans le détail, nous observons ici les phénomènes constatés par tous, à savoir un pic de fréquentation juste avant le confinement dans les pharmacies (achats de masques et gels hydro-alcoolique) ainsi que dans les supermarchés (constitution d’un stock de nourriture et papier toilettes). Et à l’inverse, un confinement dans les logements ainsi que la mise en place massive du télétravail.


Variation journalière de la fréquentation entre mi-février 2020 et le 29 mars 2020 En Île-de-France :


 Début du confinement

Source: Google COVID-19 Community Mobility Report

Variation globale de la fréquentation entre mi-février 2020 et le 29 mars 2020 :

Source: Google COVID-19 Community Mobility Report

Ces données anonymisées et globalisées par région et par typologies de lieux permettent d’apprécier l’ampleur de la crise que nous vivons actuellement, et notamment l’impact pour les commerces dits non essentiels. Elles sont cependant d’une utilité limitée dans la mesure où la globalisation de ces données ne permet pas une analyse fine par nature de commerce, par commune ou encore par CSP. Ces données confortent notre conviction que le mesurage des flux doit être un outil utilisable et utilisé par les professionnels de l’immobilier. La quantité des flux et leur appréciation qualitative sont source d’enseignements pour l’appréciation de la valeur locative et de la capacité contributive des différents types de commerce. Leur étude locale est également de nature à permettre une étude étayée des facteurs locaux de commercialité.

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