FAQ : Comprendre la nouvelle taxe de 20% sur les actifs des holdings (Art. 3 PLF 2026) – Focus immobilier

L’article 3 du Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2026 marque un tournant historique pour la fiscalité des structures de détention de type holding patrimoniale.

En ciblant les actifs non professionnels logés au sein des sociétés, le législateur entend mettre fin à certains schémas fiscaux permettant d’optimiser des dépenses de jouissance personnelle sous des charges de structures soumises à l’Impôt sur les Sociétés (IS).

Pour les propriétaires d’immobilier, notamment de prestige, et les gestionnaires de patrimoine, cette taxe de 20 % sur la valeur vénale des actifs impose une reconfiguration urgente des stratégies de détention, notamment la révision des loyers des biens détenus.

1. Quel est l’objectif principal de cette nouvelle taxe de 20 % ?

Le gouvernement souhaite dissuader l’utilisation de sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) pour financer et détenir des actifs de train de vie (résidences de plaisance, yachts, jets, chevaux de course…). Il s’agit d’une mesure anti-optimisation visant à taxer les actifs qui ne participent pas à l’économie productive.

2. Ma SCI ou ma holding est-elle concernée si elle possède un immeuble de rapport ?

Non, si l’immeuble est loué à des tiers à des conditions de marché normales. La taxe cible spécifiquement les actifs « non affectés à une activité opérationnelle ».

Si votre bien génère des revenus locatifs réels et professionnels, il sort de l’assiette de la taxe.

En revanche, si vous vous en réservez la jouissance (même partielle), la vigilance est de mise.

3. Comment est calculé le seuil de 5 millions d’euros d’actifs ?

Le seuil de 5 millions d’euros s’apprécie sur la valeur vénale brute du total des actifs de la société à la clôture de l’exercice. Il ne s’agit pas de l’actif net (après déduction des dettes), mais bien de la valeur globale des biens détenus. Si ce seuil est atteint, la société entre dans l’assiette du calcul de la taxe.

4. Peut-on déduire l’emprunt bancaire de la valeur du bien immobilier taxé ?

Oui, mais sous conditions. Pour les logements, les dettes bancaires sont déductibles selon leur nature :

  • Prêt amortissable : Déduction du capital restant dû.

  • Prêt in fine : Déduction d’un prorata linéaire sur la durée du prêt.

  • Prêts familiaux ou associés : Ils sont par principe non déductibles, sauf si vous prouvez que l’opération n’a pas été réalisée dans un but principalement fiscal.

5. Je paie déjà l’IFI, vais-je payer cette taxe en plus ?

Le législateur a prévu une règle de non-cumul. Les actifs qui entrent dans l’assiette de la taxe de 20 % sont exonérés d’IFI.

Toutefois, attention au calcul : l’IFI est progressif (jusqu’à 1,5 %), tandis que cette nouvelle taxe est proportionnelle et s’élève à 20 %. Le coût fiscal sera donc, dans la quasi-totalité des cas, bien plus élevé avec ce nouveau dispositif.

6. Qu’entend-on exactement par « revenus passifs » pour l’éligibilité ?

Une société est considérée comme patrimoniale si plus de 50 % de ses revenus sont dits « passifs ». Cela inclut :

  • Les dividendes et intérêts de placements.

  • Les loyers immobiliers.

  • Les redevances de brevets ou marques.

  • Les plus-values de cession de ces mêmes actifs. Les revenus provenant d’une activité commerciale, industrielle ou artisanale sont considérés comme actifs.

7. Les non-résidents et les investisseurs étrangers sont-ils soumis à cette taxe ?

Le dispositif de l’article 235 ter C du CGI repose sur une logique de transparence qui vise à capturer les actifs « dormants » quel que soit le lieu de siège de la société, dès lors qu’un lien fiscal existe avec la France.

Pour en savoir plus, consulter notre article complet sur la taxe : PLF 2026 : Taxe de 20 % sur les actifs non professionnels des holdings patrimoniales

8. Quand cette taxe sera due pour la première fois ?

La taxe s’appliquera aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026.

La première déclaration et le premier paiement interviendront ainsi au printemps 2027, sur la base de la valeur des actifs au 31 décembre 2026.

9. Pourquoi anticiper ?

Le PLF 2026 introduit donc une taxe de 20 % sur les actifs non professionnels, notamment immobiliers, détenus en holding.

  • Qui ? Holdings patrimoniales (> 5 M€ d’actifs, tous actifs confondus).

  • Quoi ? Immobilier non loué au prix du marché ou réservé à l’associé.

  • Quand ? Application dès fin 2026, pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026 ayant pour conséquence un paiement au printemps 2027, sur la base de la valeur des actifs au 31 décembre 2026.

  • L’enjeu : Une charge fiscale non déductible bien plus lourde que l’IFI.

Le calendrier de cette réforme est particulièrement court et transforme les holdings patrimoniales en structures potentiellement « pièges » si elles abritent de l’immobilier de jouissance ou des actifs de luxe. Une revue stratégique du patrimoine est indispensable avant l’échéance de 2026 pour :

  • Réévaluer les baux de mise à disposition pour s’assurer de leur conformité au marché.

  • Actualiser les évaluations des valeurs vénales des biens détenus.

  • Arbitrer entre la détention sociétale et la détention en direct.

  • Restructurer l’endettement pour optimiser la déductibilité.

Lire le PLF 2026 : Projet de loi de finances pour 2026 sur le site de l’Assemblée nationale

Lire notre article complet sur la taxe : PLF 2026 : Taxe de 20 % sur les actifs non professionnels des holdings patrimoniales




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FAQ : Comprendre la nouvelle taxe de 20%sur les actifs des holdings (Art. 3 PLF 2026) – Focus immobilier

PLF 2026 : Taxe de 20 % sur les actifs non professionnels des holdings patrimoniales

Focus immobilier – Décryptage de l’article 3 du Projet de Loi de Finances pour 2026

L’article 3 du Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2026 marque un tournant historique pour la fiscalité des structures de détention de type holding patrimoniale.

En ciblant les actifs non professionnels logés au sein des sociétés, le législateur entend mettre fin à certains schémas fiscaux permettant d’optimiser des dépenses de jouissance personnelle sous des charges de structures soumises à l’Impôt sur les Sociétés (IS).

Initialement conçue comme une mesure de rendement budgétaire, cette taxe a évolué vers un dispositif anti-optimisation ciblant spécifiquement la détention d’actifs dits « somptuaires » via des structures interposées.

Pour les propriétaires d’immobilier, notamment de prestige, et les gestionnaires de patrimoine, cette taxe de 20 % sur la valeur vénale des actifs impose une reconfiguration urgente des stratégies de détention, notamment la révision des loyers des biens détenus.

Le dispositif, qui sera intégré au Code Général des Impôts (art. 235 ter C), ne vise pas toutes les sociétés, mais spécifiquement les structures dites « patrimoniales ».

1. Le champ d’application : Qui est redevable de la taxe ?

Pour qu’une société (française ou étrangère contrôlée par un résident français) tombe sous le coup de cette taxe, elle doit remplir simultanément trois conditions à la clôture de l’exercice :

Les trois critères cumulatifs d’assujettissement

  • Le seuil de la valeur d’actif : Un actif total dont la valeur vénale est égale ou supérieure à une valeur de 5 000 000 € (tous actifs confondus) ;

  • La prédominance des revenus passifs : Plus de 50 % des produits (exploitation et financiers) doivent provenir de revenus passifs (loyers, dividendes, intérêts, redevances) ;

  • Le contrôle par une personne physique : Une personne physique (seule ou avec son groupe familial) doit détenir au moins 50 % des droits de vote ou financiers.

Note sur l’interposition : Le seuil de 50 % s’apprécie par transparence. Les structures type trusts ou entités situées dans des États non coopératifs (ETNC) entraînent une présomption de détention majoritaire par la personne physique.

Actifs imposables rentrant dans le seuil des 5 millions d’euros

L’assiette de la taxe est strictement limitée aux actifs ne présentant pas un caractère professionnel. Le législateur a dressé une liste précise de biens :

  • Loisirs et prestige : Biens affectés à la chasse ou à la pêche, chevaux de course ou de concours, vins et alcools ;

  • Transports de plaisance : Véhicules de tourisme (non affectés au transport professionnel), yachts, bateaux de plaisance et aéronefs ;

  • Objets de valeur : Bijoux et métaux précieux (sauf s’ils sont exposés dans des musées ou des lieux ouverts au public) ;

  • Immobilier de jouissance : Logements dont la personne physique se réserve la jouissance (occupation gratuite ou loyer inférieur au prix du marché).

2. L’immobilier : Focus sur l’assiette imposable

L’immobilier représente le cœur de cible de cette nouvelle taxe. Le législateur distingue désormais nettement l’immobilier considéré comme un outil de travail de l’immobilier résidentiel ou de villégiature.

La notion de « jouissance réservée »

Sont imposables les logements dont la société holding se réserve la jouissance, c’est-à-dire :

  • Les biens occupés à titre gratuit par l’associé ou sa famille.

  • Les biens loués à l’associé à un loyer inférieur au marché.

  • Les résidences secondaires non exploitées commercialement.

L’exclusion de l’immobilier locatif professionnel

À l’inverse, l’immobilier mis en location dans des conditions normales de marché (loyer de pleine concurrence) échappe à la taxe. De même, les biens affectés directement à l’activité industrielle, commerciale, artisanale ou libérale de la société (ou de ses filiales) sont exonérés.

3. Calcul de la taxe : Valeur vénale et déductibilité du passif

La taxe est assise sur la valeur vénale des actifs au jour de la clôture de l’exercice.

Le taux est fixé à 20 %, une pression fiscale sans précédent par rapport aux régimes existants à la conséquence importante en termes de fiscalité.

Le régime restrictif des dettes immobilières

Pour le calcul de l’assiette, seules certaines dettes sont déductibles, avec des règles de prorata strictes pour les prêts in fine.

Point de vigilance : Les dettes contractées auprès de l’associé « personne physique » ou de sociétés liées sont systématiquement exclues de la déduction, sauf preuve manifeste de l’absence de but fiscal (clause de sauvegarde).

4. Une mesure anti-abus articulée avec l’IFI

L’un des objectifs majeurs est de neutraliser l’avantage de l’interposition d’une société IS pour détenir des actifs de plaisance.

  • Non-cumul avec l’Impôt sur la Fortune immobilière (IFI) : Pour éviter une double imposition, le texte prévoit que les actifs soumis à la taxe de 20 % sont exonérés d’IFI. Cependant, le taux de la nouvelle taxe étant largement supérieur (20 % contre 1,5 % maximum pour l’IFI), l’opération peut donc s’avérer onéreuse pour le contribuable.

  • Plafonnement : Pour les redevables personnes physiques (cas des holdings étrangères), un mécanisme de plafonnement à 75 % des revenus mondiaux est prévu, calqué sur le modèle du plafonnement de l’IFI.

5. Calendrier et obligations déclaratives

La taxe s’appliquera aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026, ayant pour conséquence une première taxation au printemps 2027.

  • Pour les sociétés résidentes : La taxe est auto-liquidée et déclarée en annexe de la déclaration de résultat (liasse fiscale IS).

  • Pour les sociétés non-résidentes : C’est l’associé domicilié en France qui doit déclarer les valeurs lors de sa déclaration d’ensemble des revenus (IR).

Situation de la HoldingRedevableModalité de déclaration
Siège en FranceLa SociétéAnnexe à la déclaration de résultat (IS)
Siège à l’étrangerL’Associé (domicilié en France)Déclaration d’ensemble des revenus (IR)

Mesure de non-cumul :Les actifs soumis à cette taxe de 20 % sont exonérés d’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) afin d’éviter une double imposition sur le même objet.

Cas des non-résidents et investisseurs étrangers

Le dispositif de l’article 235 ter C du CGI repose sur une logique de transparence qui vise les actifs « dormants » quel que soit le lieu de siège de la société, dès lors qu’un lien fiscal existe avec la France.

1. Si la société holding a son siège en France

Assujettissement, sans exception. Dès lors que la holding est établie en France et qu’elle remplit les critères (actif > 5M€, revenus passifs > 50%), elle est redevable de la taxe de 20 %.

Nota : Le domicile fiscal de l’associé n’entre pas en ligne de compte : que l’actionnaire soit français ou étranger, c’est la société française qui acquitte la taxe sur ses actifs non professionnels (biens immobiliers de jouissance en France ou à l’étranger, yachts, etc.).

2. Si la société holding a son siège à l’étranger

La taxe s’applique si la société est contrôlée par au moins une personne physique ayant son domicile fiscal en France.

Ce n’est plus la société étrangère, mais l’associé résident français. Il est taxé sur la fraction de la valeur de ses parts représentative des actifs non professionnels détenus par la holding.

À titre d’exemple, si une holding luxembourgeoise détient un chalet ou une villa en France pour l’usage de son associé résidant également en France, la taxe s’appliquera.

3. Le cas de l’investisseur étranger avec une holding étrangère

Un investisseur étranger (non-résident fiscal en France) détient une structure étrangère. Il échappe à cette taxe spécifique, car il n’y a pas de lien de rattachement (ni siège en France, ni associé résident français).

Attention : Ce patrimoine reste soumis aux impôts fonciers locaux et à l’IFI si les actifs immobiliers sont situés en France.

En résumé – La nécessaire anticipation

Le PLF 2026 introduit donc une taxe de 20 % sur les actifs non professionnels, notamment immobiliers, détenus en holding.

  • Qui ? Holdings patrimoniales (> 5 M€ d’actifs, tous actifs confondus).

  • Quoi ? Immobilier non loué au prix du marché ou réservé à l’associé.

  • Quand ? Application dès fin 2026, pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026 ayant pour conséquence un paiement au printemps 2027, sur la base de la valeur des actifs au 31 décembre 2026.

  • L’enjeu : Une charge fiscale non déductible bien plus lourde que l’IFI.

Le calendrier de cette réforme est particulièrement court et transforme les holdings patrimoniales en structures potentiellement « pièges » si elles abritent de l’immobilier de jouissance ou des actifs de luxe. Une revue stratégique du patrimoine est indispensable avant l’échéance de 2026 pour :

  • Réévaluer les baux de mise à disposition pour s’assurer de leur conformité au marché.

  • Actualiser les évaluations des valeurs vénales des biens détenus.

  • Arbitrer entre la détention sociétale et la détention en direct.

  • Restructurer l’endettement pour optimiser la déductibilité.

Lire le PLF 2026 : Projet de loi de finances pour 2026 sur le site de l’Assemblée nationale

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ROBINE Experts immobiliers accompagne dirigeants et propriétaires dans l’évaluation des valeurs vénales et locatives de leurs actifs afin d’analyser leur exposition fiscale face aux évolutions du PLF 2026.

Taxe à 3% sur la valeur vénale des immeubles détenus en France (TVVI) : champ d’application, modalités et enjeux

La taxe sur la valeur vénale des immeubles détenus en France par des entités juridiques (TVVI), est une taxe annuelle dont le montant est égal à 3 % de la valeur vénale des immeubles ou droits immobiliers possédés par des entités juridiques, directement ou par personne interposée. 

La mise en place de cette taxe avait pour objectif d’éviter le contournement du paiement de l’impôt sur la fortune (ISF) remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) depuis 2018, l’imposition sur les plus-values ou le paiement de droits de succession.

L’objectif était donc double, lutter contre l’évasion fiscale tout en générant de nouvelles rentrées fiscales.

La TTVI – ou taxe à 3% – cible donc indirectement les personnes physiques qui chercheraient à dissimuler la détention de leurs biens et droits immobiliers en France dans des entités situées dans des paradis fiscaux.

Ladite taxe est codifiée aux articles 990 D à 990 H du Code général des impôts (CGI).


Qui est redevable de la taxe à 3% ? 

La TVVI est due par les entités juridiques possédant un ou plusieurs immeubles situés en France ou sont titulaires de droits réels portant sur ces biens. Les entités juridiques concernées sont les suivantes :

  • les personnes morales, qu’elles soient françaises ou étrangères ;
  • les organismes, tels que les établissements publics, les associations, les fondations ;
  • les fiducies, trusts ou institutions comparables.

La TVVI vise ainsi les entités à prépondérance immobilière – lorsque l’actif représente plus de 50% de la valeur d’une société – dont le siège social se situe en France ou à l’étranger.


Quel taux et quelle assiette taxable ? 

La base d’imposition de la TVVI est de 3% sur la valeur vénale des immeubles ou droits immobiliers possédés en France par l’entité juridique au 1er janvier de chaque année.

Sont notamment considérés comme des biens et droits immobiliers :

  • les immeubles bâtis (tels que les maisons, les appartements, les locaux commerciaux, les bureaux…) ;
  • les immeubles non bâtis (tels que les terrains, les forêts…) ;
  • les droits réels portant sur des immeubles (tels que les usufruits, droits d’usage ou de jouissance, démembrements temporaires, viagers, hypothèques…).

Quels cas d’exonération ? 

Le Code général des impôts prévoit un certain nombre de cas d’exonération de la TVVI. La taxe n’est ainsi pas applicable aux :

Entités juridiques exonérées par nature peu importe leur localisation

  • Organisations internationales, États souverains, à leurs subdivisions politiques et territoriales et aux entités juridiques qu’ils contrôlent majoritairement ;

  • Entités juridiques qui ne peuvent pas être considérées comme à prépondérance immobilière, c’est-à -dire dont les actifs immobiliers situés en France, représentent moins de 50 % des actifs français détenus directement ou indirectement ;

  • Entités juridiques dont les actions, parts et autres droits font l’objet de négociations significatives et régulières sur un marché réglementé, ainsi qu’aux personnes morales dont ces entités détiennent directement ou indirectement la totalité du capital social ;

Entités juridiques exonérées si le siège social est situé au sein de l’Union européenne ou dans des pays ayant des accords bilatéraux

Entités juridiques qui ont leur siège en France, dans un État membre de l’Union européenne, dans un pays ou territoire ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ou dans un État ayant conclu avec la France un traité leur permettant de bénéficier du même traitement que les entités qui ont leur siège en France, et :

  • Qui détiennent directement ou indirectement une quote-part d’immeubles situés en France ou des droits réels portant sur ces biens dont la valeur vénale est inférieure à 100 000 € ou à 5 % de la valeur vénale desdits biens ou autres droits ;

  • Ou qui sont instituées pour la gestion des régimes de retraite ou qui sont reconnues d’utilité publique ou dont la gestion est désintéressée, et dont l’activité ou le financement justifie la propriété d’immeubles ou de droits immobiliers ;

  • Ou qui prennent la forme de FPI ou de SPPICAV, ou d’entités juridiques soumises à une réglementation équivalente, sous réserve de ne pas être constitués sous la forme d’organismes professionnels de placement collectif immobilier (c) du 3° de l’article 990 E du CGI ;

  • Ou qui communiquent chaque année ou prennent et respectent l’engagement de communiquer à l’administration fiscale, sur sa demande, la situation, la consistance et la valeur des immeubles possédés au 1er janvier ainsi que l’identité, l’adresse et le nombre de parts détenues par l’ensemble des actionnaires, associés ou autres membres détenant plus de 1 % des actions, en application du d) du 3° de l’article 990 E du CGI.

Les personnes morales qui déposent une déclaration comportant les renseignements prévus au d) du 3° de l’article 990 E du CGI (cf. alinéa précédent) sont dispensées de déposer un formulaire n° 2746. Tel est le cas des personnes morales qui déposent chaque année une déclaration n° 2038 ou n° 2072.


Quelles modalités déclaratives ? 

Depuis le 1er janvier 2021, l’article 76 de la loi de finances rectificative pour 2017, codifié au XII de l’article 1649 quater B quater du CGI, a prévu une obligation de télédéclaration pour la déclaration n° 2746-SD et l’acte d’engagement précité prévus respectivement aux e) et d) du 3° de l’article 990 E du CGI.

La déclaration doit être réalisée avant le 15 mai de chaque année. Celle-ci doit notamment indiquer l’adresse, la consistance et la valeur vénale des immeubles et droits immobiliers au 1er janvier.


Quelles sanctions ? 

Les entités redevables qui n’ont pas souscrit la déclaration n° 2746-SD ou qui n’ont pas pris d’engagement alors qu’elles y sont tenues pour bénéficier d’une exonération de TVVI ont l’obligation de régulariser leur situation dans les 30 jours. En cas de dépassement du délai, la taxe est due d’office.

Les entités faisant défaut de déclaration peuvent, outre le paiement de la taxe, se voir infliger des majorations et intérêts de retard. Même si la société a communiqué in fine les informations établissant qu’elle n’est pas redevable de la taxe de 3%.

Au demeurant, l’administration fiscale peut faire preuve tolérance pour ces entités en acceptant une première et unique fois la régularisation. Dans ce cas, celles-ci peuvent bénéficier d’une exonération de la taxe lors de la première régularisation.


Le taux de 3% de la TVVI est censé être dissuasif en comparaison du taux de l’IFI qui ne peut dépasser un maximum de 1,5% de la valeur des biens et droits immobiliers.

En cas de contrôle, la valeur vénale des biens et droits immobiliers est déterminée par l’administration fiscale, sur la base des prix du marché. Elle peut se baser sur les prix de vente de biens immobiliers jugés similaires dans la même zone géographique, ou sur une estimation qu’elle réalise elle-même.

En amont de la déclaration à la TVVI et au regard des enjeux financiers en cas de contrôle fiscal, l’assistance d’un avocat fiscaliste ou d’un représentant fiscal ainsi que la réalisation d’une estimation par un expert en évaluations immobilières peut naturellement s’avérer pertinente. D’une part pour déterminer la valeur vénale des biens afin d’éviter une sur ou sous-évaluation et prouver sa bonne foi d’autre part.


 Ressources 

FAQ sur la TVVI – site des Finances publiques

Formulaire de déclaration de la TVVI – 2746- SD

Article 990 D du CGI – Tax à 3%

3% TAX on the market value of real estate owned in France (TVVI): scope, modalities and issues

The tax on the market value of immovable property held in France by legal entities (TVVI), is an annual tax whose amount is equal to 3% of the market value of immovable property or real estate rights owned by legal entities, directly or through an intermediary. 

The purpose of the introduction of this tax was to avoid the circumvention of the payment of wealth tax (ISF) replaced by the real estate wealth tax (IFI) since 2018, the tax on capital gains or the payment of inheritance tax. 

The objective was therefore twofold: to fight tax evasion while generating new tax revenues. 

The TTVI – or 3% TAX – therefore indirectly targets individuals who would seek to conceal the holding of their property and real estate rights in France in entities located in tax havens. 

 This tax is codified in Articles 990 D to 990 H of the French General Tax Code. 

Who is liable for the 3% tax? 

The TTVI or 3% TAX is payable by legal entities owning one or more buildings located in France or are holders of rights in rem relating to these assets. The legal entities concerned are as follows: 

  • legal entities, whether French or foreign; 
  • organizations, such as public institutions, associations, foundations; 
  • trusts or similar institutions. 

The 3% tax thus targets entities with a preponderance of real estate – when the assets represent more than 50% of the value of a company – whose registered office is located in France or abroad. 

What is the tax rate and base? 

The taxable amount of the 3% TAX on the market value of the immovable property or real estate rights owned in France by the legal entity on January 1st of each year. 

In particular, the following are considered to be real estate assets and rights: 

  • built-up buildings (such as houses, apartments, commercial premises, offices, etc.); 
  • undeveloped buildings (such as land, forests, etc.); 
  • rights in rem relating to immovable property (such as usufructs, rights of use or enjoyment, temporary dismemberment, life annuities, mortgages, etc.). 

What are the cases of exemption ? 

The French General Tax Code provides for a number of cases of exemption from the 3% TAX. This tax is therefore not applicable to: 

Legal entities that are exempt by nature, regardless of their location 

  • International organizations, sovereign states, their political and territorial subdivisions and the legal entities they majority control; 
  • Legal entities that cannot be considered as predominantly real estate, i.e. whose real estate assets located in France represent less than 50% of French assets held directly or indirectly; 
  • Legal entities whose shares, shares and other rights are subject to meaningful and regular trading on a regulated market, as well as legal entities in which these entities directly or indirectly hold the entire share capital; 

Exempt legal entities if the registered office is located within the European Union or in countries with bilateral agreements 

Legal entities having their registered office in France, in a Member State of the European Union, in a country or territory which has concluded an administrative assistance agreement with France to combat tax evasion and tax evasion or in a State which has concluded a treaty with France allowing them to benefit from the same treatment as entities having their registered office in France, and :

  • Who directly or indirectly hold a share of immovable property located in France or rights in rem relating to such property whose market value is less than €100,000 or 5% of the market value of said property or other rights; 
  • Or which are set up for the management of pension schemes or which are recognised as being of public utility or whose management is disinterested, and whose activity or financing justifies the ownership of immovable property or real estate rights; 
  • Or which take the form of REITs or SPPICAVs, or legal entities subject to equivalent regulation, provided that they are not constituted in the form of professional real estate collective investment undertakings (c)  of 3° of Article 990 E of the FTC; 
  • Or who communicate each year or take and comply with the undertaking to communicate to the tax authorities, at its request, the location, the substance and value of the real estate owned on January 1st as well as the identity, address and number of shares held by all shareholders, partners or other members holding more than 1% of the shares, pursuant to d)  of 3° of Article 990 E of the FTC. 

Legal entities that file a declaration containing the information provided for in d) of 3° of Article 990 E of the FTC (see previous paragraph) are exempt from filing a form n° 2746. This is the case for legal entities that file a declaration n° 2038 or n° 2072 each year. 

What are the declarative methods? 

Since January 1st 2021, Article 76 of the 2017 Amending Finance Act, codified in XII  of Article 1649 quarter quarter of the  FTC, has provided for an obligation to make an online declaration for the above-mentioned declaration n° 2746-SD and the aforementioned deed of commitment provided for respectively in e) and d) of 3° of Article 990 E of the FTC. 

The declaration must be made before May 15 of each year. It must indicate the address, the substance and the market value of the immovable property and real estate rights on January 1st. 

What are the sanctions? 

Taxpayers who have not subscribed to declaration no. 2746-SD or who have not made a commitment even though they are required to do so in order to benefit from a 3% TAX exemption are required to regularize their situation within 30 days. If the deadline is exceeded, the fee is automatically due. 

Entities failing to report may, in addition to paying the fee, be subject to surcharges and default interest. Even if the company has ultimately provided the information establishing that it is not liable for the 3% TAX. 

Moreover, the tax authorities can show tolerance for these entities by accepting the regularization for the first and only time. In this case, they can benefit from an exemption from tax at the time of the first adjustment. 

The 3% TAX rate is supposed to be a deterrent compared to the IFI rate, which cannot exceed a maximum of 1.5% of the value of property and real estate rights. 

In the event of an audit, the market value of real estate assets and rights is determined by the tax authorities based on market prices. It can be based on the sale prices of properties deemed similar in the same geographical area, or on an estimate that it makes itself. 

Prior to the 3% TAX declaration and in view of the financial stakes in the event of a tax audit, the assistance of a tax lawyer or a tax representative as well as the realization of an estimate by a real estate valuation expert can naturally be relevant. On the one hand, to determine the market value of the property in order to avoid overvaluation or undervaluation and to prove good faith, on the other hand, with a view to defending its best interests. 

Ressources



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Nouvel ISF, l’Impôt sur la Fortune Immobilière

Depuis le 1er janvier 2018, l’Impôt sur la Fortune immobilière (IFI) a remplacé l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF). Cette mesure vise à inciter les français assujettis à réorienter leur épargne vers l’économie réelle dite aussi économie productive. Ce nouvel impôt taxe ainsi tous les biens immobiliers non affectés à l’activité professionnelle du contribuable.

En effet, les actifs immobiliers affectés à l’exploitation de la société du contribuable (activité industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole)ne sont pas concernés tout comme les biens loués sous statut meublé professionnel (LMP).

L’IFI reprend ainsi la plupart des principes de l’ISF puisque le seuil d’entrée demeure identique (1,3 millions d’euros à partir de la fraction de la valeur nette taxable du patrimoine excédant 800 000 € – déduction faite des dettes immobilières) tout comme les taux ou encore les abattements pour résidence principale, les biens loués et les biens détenus en indivision ou via une SCI. Notons toutefois que pour les patrimoines dont la valeur est comprise entre 1,3 et 1,4 millions d’euros, une décote reste applicable correspondant à une réduction sur le montant dû par le contribuable.

La principale nouveauté réside dans l’exonération des placements bancaires et financiers, les comptes titres et les contrats d’assurances-vie. Au demeurant, les parts détenues dans les SCPI et les OPCI détenant de l’immobilier dans l’hexagone sont désormais taxables pour la fraction de leurs valeurs représentatives des actifs immobiliers.

En matière de biens d’exception ou atypiques dont l’évaluation peut s’avérer complexe par manque de transactions comparables, la méthode d’évaluation par comparaison peut être délicate à utiliser et atteindre certaines limites. En effet, selon l’adresse, les prestations et équipements, les valeurs peuvent varier significativement. Il est bien souvent utile de procéder à une évaluation permettant de justifier la valeur déclarée auprès de l’administration fiscale.

L’Impôt sur la Fortune Immobilière devrait concerner entre 150 000 et 170 000 foyers contre environ 350 000 pour l’Impôt de Solidarité sur la Fortune.

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