Juris’ Post-it n°4

Deux jurisprudences sur le déplafonnement en accession fin de jouissance et la qualification de petite restauration.

DÉPLAFONNEMENT : ACCESSION EN FIN DE JOUISSANCE

En cas d’accession des travaux en fin de jouissance, le régime des améliorations doit prévaloir sur celui des modifications dans le cadre du déplafonnement.

Contexte

Bail commercial mettant au profit du bailleur l’accession en fin de jouissance des travaux réalisés par le preneur. Or, ce dernier a effectué durant le bail d’importants travaux ayant notamment agrandi la surface de vente de plus de 62 m2

Décision

La Cour de cassation confirme l’arrêt de la Cour d’appel et énonce que le déplafonnement pour accession des travaux en fin de jouissance doit être subordonné à la primauté du régime des améliorations sur celui des modifications significatives… Compte-tenu de cette primauté de qualification, le déplafonnement sur ce motif devra s’opérer en primauté lors du second renouvellement suivant la conclusion du bail initial.

Cass. Civile 3ème, 7 septembre 2022, n°21-16.613

Compte-tenu de l’ampleur des travaux visés par l’arrêt, l’hypothèse d’un déplafonnement au premier renouvellement du bail semble désormais très hypothétique.

 

QUALIFICATION : ACTIVITÉ DE PETITE RESTAURATION

L’activité de petite restauration désigne le service de plats réchauffés, ou la cuisson et le service d’aliments bruts.

Contexte

Un bail commercial conclu en 1998 autorisait les activités de bar, petite restauration, P.M.U., tabac, jeux. Par la suite, le bailleur a fait délivrer au preneur une sommation visant la clause résolutoire du bail de cesser toute activité de restauration et de préparation cuisinée sur place.

Décision

La Cour d’appel considère que l’activité du preneur entre dans le champ contractuel de la petite restauration, celle-ci se caractérisant par le service de plats réchauffés / la cuisson et le service d’aliments bruts. Par ailleurs, la destination de petite restauration n’exclut pas que ce service soit développé et devienne une activité prépondérante.

Cour d’appel de Paris, 6 juillet 2022, n°20/12266

Cette distinction distingue clairement la petite restauration de la restauration classique, laquelle consiste en l’élaboration et la transformation de produits sur place.

La renaissance de Bouillon Chartier à Montparnasse

À deux pas de notre cabinet, au 59 boulevard Montparnasse (6e arrondissement), le Montparnasse 1900 fait sa mue pour devenir un Bouillon Chartier. Une mue qui est en réalité un retour aux sources.

D’Édouard Chartier au groupe Joulie

L’établissement a en effet été créé en 1903 par Édouard Chartier, en lieu et place d’une ancienne boutique de marchand d’huile. Les frères Frédéric et Camille, du même nom, avaient déjà ouvert le devenu mythique Bouillon Chartier du 7 rue du Faubourg-Montmartre (9e arrondissement) en 1896.

En 1924, et jusqu’en 1977, il devient le Bouillon Rougeot, en référence à son nouveau directeur. Avant d’appartenir au groupe Joulie et de prendre le nom de Montparnasse 1900, l’enseigne s’intitulait le Bistrot de la Gare, sous l’égide de Michel Olivier.

 

« Offrir un repas digne de ce nom à petit prix »

Mais qu’était-ce un Bouillon Chartier ? Une cantine familiale, pour ouvriers. Ils venaient prendre un repas rapide, à prix modeste et de qualité, où ils avaient leurs habitudes et étaient considérés avec respect par le personnel. Et ce afin de les fidéliser. Ainsi, rue du Faubourg-Montmartre, les clients disposaient de leur casier, de leur rond de serviette, et les serveurs étaient vêtus (et aujourd’hui encore) d’un grand tablier blanc Rondin avec poches.

Trois autres Bouillon Chartier ont vu le jour à la même époque : au 142 boulevard Saint-Germain (6e), au 16 rue du Faubourg Saint-Denis (10e) et au 3 rue Racine (6e). Ces établissements sont désormais appelés respectivement le Vagenende, le Restaurant Julien et le Bouillon Racine.

 

Une salle à manger et un décor intérieur inscrits Monuments Historiques

Le Bouillon Chartier de Montparnasse accueille un décor, avec boiseries et miroirs, réalisés en 1906 dans le style Art Nouveau. Les revêtements en céramique, aux dessins floraux et évoquant des paysages français, sont de la main de Louis Trézel, également décorateur du Bouillon Racine. Ils sont classés Monuments Historiques depuis 1984.

 

 

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